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Visions du réel 2016: CHILE invitado de honor

El festival suizo de cine documental «Visions du réel», presenta a CHILE en su Focus 2016:
Una imagen de «El salvavidas» de la chilena Maite Alberdi ilustra esta 47e edición del Festival. Este banner [↑] ocupará nuestro «Edito Raum» de la newsletter «especial cine» de enero 2016. 

El salvavidas / The Lifeguard de Maite Alberdi, 64 minutes, Chili – Errante Producciones
Sous le soleil de l'été chilien, on observe le quotidien de Mauricio, sauveteur dans une station balnéaire. Au fil des rencontres avec les vacanciers, on découvre l’engagement du personnage pour son travail mais aussi les diverses réalités des protagonistes. La plage se transforme ainsi en un microcosme aux airs tragicomiques 

 

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Competición internacional - Largometrajes

 

La ciudad de los Césares perdidos / The Lost Ciyt, Francisco Hervé, Chile 2016, 72'
19.04., 21h30
20.04., 16h30
Synopsis. Dans la région d'Aysén en Patagonie chilienne séjourne une population de 90'000 âmes isolées,partageant les âpres paysages d'une superficie comparable à celle de l'Angleterre. Là où la beauté semble converser avec le péril ou la peur, dans un lieu où l'immensité de la nature jamais ne peut être dominée, le décor hésite, au fil des étendues, entre couleurs chatoyantes et noir et blanc de la neige et de l'eau. Ces larges ressources hydriques, si elles sont au coeur d'enjeux économiques et politiques, inspirent pareillement une humanité en quête d'impossible « retour aux sources »,fuyant une civilisation semblant menée à sa perte. Aux images du quotidien s'entremêle ici un récit d'allure mythologique : celui de la recherche de la Ville des Césars, cité d'or bâtie il y a 500 ans par les conquérants. A l'ombre de la métaphore intemporelle du paradis perdu, un guide fictionnel ouvre la route... «Le voyage a commencé et il serait absurde désormais de rebrousser chemin. Tu es visiblement égaré, mais tente de te persuader que tu es sur la bonne voie.» Emilie Bujès

En algún rincón de este mundo perdido, una ciudad misteriosa se esconde. Hace quinientos años, un grupo de conquistadores construyó en Patagonia una Ciudad de Oro. Están vivos. Quien entra allí se hace inmortal, pero pierde la memoria. Es la Ciudad de los Césares Perdidos, y has venido a encontrarla. (CinemaChile).

 

Socotra, the island of Djinns, Jordi Esteva, España 2016, 65'
21.04., 21h
22.04., 11h
Synopsis. L’île de Socotra, située au large de la Somalie, fut longtemps un territoire fabuleux et plus récemment un lieu stratégique de la politique internationale. Le film, dont le récit se déroule dans ce territoire du bout du monde, connu dans l'antiquité pour abriter les phénix et les Rocs (oiseaux fabuleux de la mythologie arabe), raconte l’un des voyages du fils du dernier sultan de l’île, en route avec sa caravane de chameaux vers les villages de l'intérieur. Autour du feu, les nomades se racontent les histoires plus ou moins légendaires, qui se transmettent de génération en génération... Dans ce surprenant film d'observation ethnographique, le choix esthétique du noir et blanc nous ramène non seulement aux temps anciens, où les légendes étaient vraies et les gens les gardaient en vie en les croyant, mais aussi au temps des premiers explorateurs de cinéma, lorsqu’ils filmaient leurs « travelogues » exotiques pour les présenter à un public avide de découvertes. Introduction à un monde disparu depuis longtemps, le film garde, jusqu’à sa dernière image, le sens d’un mystère inaccessible. Luciano Barisone

 

 

Competición metrajes medianos

Notes from sometime, later, maybe. Roger Gómez, Daniel Resines. España 2016, 11'

I'm not from here. Maite Alberti, Giedrè Zickyté, Chile (Lituania, Dinamarca). 2016, 26'

 

Resplandor. Fernando Priego Ruiz. Argentina 2016, 50'

Au pied des Andes de Patagonie, Camilo Peña, un vieux gaucho souffrant d'une maladie l'entraînant résolument vers la cécité, choisit de rester auprès de ses bêtes, dans la rudesse de l'hiver et une certaine solitude. A la frontière des ténèbres, il poursuit les tâches quotidiennes, répétant des gestes identiques et pourtant inéluctablement distincts, rendus graduellement plus ardus par une condition qui se détériore. A travers une image imprégnée de douceur et de volupté, une caméra qui se positionne au plus près de son protagoniste, Resplandor parvient à rendre compte de la sensation du soleil sur la peau ou de l' « éclat » (resplandor) de la lumière face à l'ombre qui menace. A l'instar de la façon dont les sens lentement s'évanouissent ou au contraire semblent s'exacerber, s'esquisse une expérience sensorielle d'une grande force, notamment grâce à un traitement sonore délicat. Reste la certitude qu'une fois encore, la nature reprendra ses droits. Emilie Bujès

17.04., 19h00, Usine à Gaz

18.04., 12h30, Capitole Fellini

 

Treblinka. Sérgio Tréfaut. Portugal 2016, 61'

Satan satie. Jaruna Mallon, Lucas Parente. Brasil 2015, 34'

The Get Up. Daniel Favaretto, Dudu Quintanilha. Brasil 2015, 21'

Portrait of Carmen D. Isabel Joffily, Brasil, 2015, 21'

 

 

Un regard neuf

Prisonier / Preso, Ana Tipa, Uruguay 2016, 92'

Un ouvrier, qui travaille à la construction de la plus grande prison d’Uruguay, mène une double vie. Avec une certaine régularité, il traverse la frontière avec le Brésil pour aller voir une « autre » famille. Dans les deux pays, il est un travailleur infatigable et il a grand soin de ses proches. Mais il est hanté par la culpabilité, se rendant compte d’être prisonnier de ses propres mensonges. Il envisage de dire enfin la vérité aux personnes qu’il aime... Le film s’appuie sur une précise déambulation de la caméra, qui suit de près son protagoniste, et sur un montage nerveux, qui en accompagne l’activité physique presque incessante, et qui s’estompe enfin lorsqu’il laisse entrevoir le tourment qui habite le corps au travail. C’est le moment où le film révèle une émotion jusque-là presque impalpable et dès lors de plus en plus forte, jusqu’à la « conclusion » de l’histoire. Une caméra « invisible », une observation complice, une distance juste, qui passe parfois par la musique. Un film qui pourrait être une fiction... si ce n’était pas une histoire réelle. Luciano Barisone

17.04., 14h00, Capitole Leone

18.04., 10h15, Capitale Leone

 

 

The Modern Jungle, Saul Kak, Charles Fairbanks, México-USA 2016, 72'

Dans son précédent courtmétrage, Flexing Muscles (VDR 2012), Charles Fairbanks portait un regard caustique et désabusé sur les ‘luchadores’ mexicains, épigones marchandisés singeant les héros populaires du passé. The Modern Jungle poursuit, à sa manière, cette entreprise de déconstruction. Cette fois, le cinéaste filme deux « anciens » d'un village rural du Chiapas : Carmen vit chichement, mais en paix, sur le lopin que son mari a payé de sa vie en militant dans un mouvement de paysans sans-terres. Juan, tout chamane qu'il soit, est affligé d'une hernie que ses incantations ne peuvent soigner, et tombe sous la coupe de charlatans qui lui refourguent des compléments nutritionnels en guise de médicament. Voici la ‘jungle moderne’ qui apparaît sous nos yeux incrédules. Car en payant ses protagonistes parce qu'ils « travaillent » pour son film, et en ne cachant rien de cette relation en partie vénale, Fairbanks parvient à congédier d'un seul geste de cinéma le mythe, cher à une certaine ethnologie occidentalo-centrée, de l'indigène « pur » désormais placé sous l'emprise définitive de l'acculturation capitaliste occidentale. Emmanuel Chicon

19.04., 19h00, Capitole Leone

20.04., 21h30, Usine à Gaz

 

 

Maître du Réel

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Einsenstein in Guanajuato, Peter Greenaway, México-Paises Bajos 2015, 105'

18.04., 20h30

En 1931, Sergueï Eisenstein voyage à Guanajuato au Mexique pour tourner un film. Fort du large succès rencontré par son chef-d'oeuvre Le Cuirassé Potemkine (1925), il avait été invité auparavant aux Etats-Unis pour être finalement rejeté par Hollywood. Ce sont dix jours de passion, avec le pays et avec son guide mexicain, dont Greenaway rend compte dans ce qui s'avère être le premier épisode d'une trilogie dédiée au cinéaste russe. En effet, face à l'interprétation inspirante de l'acteur (finlandais) choisi pour incarner Eisenstein, le réalisateur anglais entreprit l'élaboration de deux scénarios supplémentaires relatant d'autres jalons de son parcours: une participation au premier Congrès international du cinéma indépendant ayant eu lieu en 1929 à La Sarraz près de Lausanne – événement qui visait à discuter du statut du cinéma, entre divertissement et forme artistique –, tandis que la troisième partie doit s'intituler de façon éloquente Eisenstein à Hollywood... Pour envisager l'oeuvre d'un cinéaste aussi éminent qu'adulé, Greenaway a recourt, une fois encore, à une forme cinématographique personnelle et aventureuse, libre. Emilie Bujès

En PuntoLatino, «La caricatura de Serguéei Eisenstein», nota por Mauro Mendonça, V E R ...

 

 

Focus CHILE

La ciudad de los fotógrafos / City of Photographers, Sebastián Moreno, Chile 2006, 80'

La photographie s’inscrit ici comme un puissant moyen de témoignage de l'une des périodes les plus terribles de l'histoire du Chili: la dictature de Pinochet qui a marquée les années 1973 à 1990. Les images prises par un groupe de photographes indépendants sont devenues des armes contre l'oppression et la censure: la publication de photographies de manifestations, de la violence de la police corrompue, des meurtres commis en secret et savamment cachés à l'oeil public ont permis de donner corps à un mouvement de révolution. La création et le travail passionné de l'Association des Photographes Indépendants (AFI), composée par des photographes amateurs et professionnels, a permis de prendre conscience de l'insoutenable situation subie par le peuple chilien. Les impressionnantes images et vidéos d'archives rassemblées par Sebastian Moreno, dont le père est l'un des auteurs, montrent que le travail de ces citoyens-photographes représentait un acte de résistance et un hymne à la liberté. Aujourd'hui, ce film est aussi un document précieux et le reflet de l'histoire du pays. Jasmin Basic

 

El Corredor / Ultraman - The minimal story of Erwin Valdebenito, Cristián Leighton, Chile 2004, 75'

Portrait absurde et touchant d’Erwin Valdebenito, employé de bureau dont le quotidien se déroule sous le signe de la routine et de l'anonymat. Mais sa passion obsessionelle pour la course à pied fait de lui un improbable petit héros : chaque jour, à l'aube, il parcourt une quizaine de kilomètres sur l'autoroute pour se rendre à son travail à Santiago, au mépris des nombreuses voitures et de la pollution. Une fois arrivé au bureau, il se transforme illico en parfait fonctionnaire, exécutant des tâches routinières telles que le remplacement des rouleaux de papier dans les machines en parcourant les divers étages ou en arpentant le dédale de corridors du vaste immeuble. Cette double vie semble coexister et créer un équilibre dans la vie d'Erwin : la passion pour la course compense le train-train professionnel. L'assiduité et l'engagement dans la préparation pour l'ultra-marathon, une des grandes épreuves de course à pied, font d'Erwin un de ces personnages épiques qui vivent à la limite de leur passion. Jasmin Basic

 

La Quemadura / The Burn, René Ballesteros, Chile 2009, 65'

Une quête intime menée avec pudeur : le cinéaste René Ballesteros et sa sœur cherchent à renouer avec leur mère disparue 26 ans plus tôt. Elle a quitté la famille au Chili pour partir refaire sa vie au Venezuela. Le seul lien qu'elle leur a laissé est symbolisé par quelques exemplaires d'une collection de livres interdite sous la dictature. Cette bibliothèque devient un outil concret pour découvrir l'histoire de la famille, pour reprendre contact avec la mère et pour faire ressurgir des souvenirs enfuis. Le réalisateur décide avec courage et bienveillance de plonger dans le passé, tout comme il réussit, après quelques hésitations, à plonger dans la piscine où il apprend à nager. Au fil des entretiens téléphoniques, certaines pièces du puzzle semblent trouver leur place, et les discussions avec les autres membres de la famille permettent de combler les non-dits. Les archives visitées pour retrouver les traces des livres interdits font écho aux archives familiales marquées par la blessure de l'abandon. Les conversations avec le fantôme maternel cherchent ainsi à donner corps à une absence incomprise et à tourner la page d'un livre jamais lu. Jasmin Basic

 

Calle Santa Fe, Carmen Castillo, Chile 2007, 167'

C'est à la rue Santa Fe à Santiago du Chili que la réalisatrice Carmen Castillo fut blessée et son compagnon tué lors des combats de résistance à la dictature de Pinochet dans les années 1970. Une période marquée par la violence, les affrontements, les tortures au nom de la lutte pour la liberté. De nombreux militants du Mouvement de la Gauche Révolutionnaire (MIR), comme la réalisatrice, ont été expulsés du Chili, et ont trouvé refuge ailleurs ou vécu clandestinement. Le film est un retour au pays et aussi un regard sur le passé, analysé et ressenti avec le filtre du présent. En revenant 30 ans plus tard sur ces lieux empreints de douleur et en rencontrant les camarades et la famille, Castillo questionne le sens et la justesse d'une lutte qui a provoqué tant de souffrance. C'est un voyage dans l'histoire personnelle et collective, empreinte de tragédie mais aussi de la lucidité nécessaire pour réussir à l'assimiler. Calle Santa Fe est aussi un indispensable acte réparateur et libérateur qui participe au travail fondamental de mémoire que l'histoire chilienne exige. Jasmin Basic

 

Muerte Blanca / White Death, Roberto Collío, Chile 2014, 17'

Le 18 mai 2005, une troupe de 45 soldats de l'armée chilienne, prisonnière d'une violente tempête de neige, trouve la mort dans la région d’Antuco, au milieu des imposantes montagnes. Ce fait divers tragique est porté sur grand écran à travers un regard personnel et créatif, donnant forme à une reconstitution proche de l'expressionnisme, mais aussi à une œuvre atmosphérique et puissante. Ici le paysage devient le protagoniste : les cimes enneigées, le brouillard, le silence rompu par le vent glacial, les voix venues d'enregistrements anciens... On se promène parmi les vestiges de lieux abandonnés, on entend en arrière-fond des sons venus d'un ailleurs qui n'existe plus, et l’on croit percevoir les spectres d'anciennes présences. Dans ce lieu devenu non-lieu, la seule force qui règne incontestablement est la nature, bien plus grande que l'homme. Voyage aux frontières des genres et de la vie à travers la rencontre entre documentaire, film expérimental et animation, le film se transforme en un paysage suspendu aux frontières du réel, où l'histoire semble devenir légende. Jasmin Basic

 

Genoveva, Paola Castillo, Chile 2014, 68'

En observant une ancienne photographie de son arrière grand-mère Genoveva, sa propre photo et en discutant avec sa fille, dont la ressemblance avec la bisaïeule est très forte, la réalisatrice s’interroge sur les significations de descendance et d’identité. Comment définit-on ses origines ? A partir de ce questionnement personnel sur les ancêtres et plus particulièrement sur Genoveva – probablement issue du peuple indien Mapuche – on se penche sur la situation des communautés aborigènes chiliennes et sur les nombreuses injustices et discriminations subies et souvent oubliées par l'histoire. Comme cette arrière grand-mère retrouvée sur une image qui a été d’une certaine manière effacée du regard et des souvenirs. Une omission qui est le reflet de la disparition de l'identité d'un peuple dans le contexte social et historique d'un pays. La quête personnelle de Paola Castillo s'ouvre ainsi sur un plus large questionnement, cherchant aussi à porter un regard plus juste sur les Mapuches, trop souvent victimes d'une discrimination injustifiée et exacerbée par les médias. Une question essentielle pour explorer une réalité nationale complexe. Jasmin Basic

 

El edificio de los chilenos / The Chilien Building, Macarena Aguiló, Chile ... 2010, 95'

Ce film retrace pour la première fois un chapitre méconnu de l'histoire chilienne : après leur exil en Europe, des militants du mouvement de la gauche révolutionnaire MIR reviennent au pays, pour soutenir la lutte contre la dictature de Pinochet. Leurs enfants furent placés en sécurité, d'abord en Europe et ensuite à Cuba, dans des maisons communautaires baptisées « Project Home ». Ces enfants ont grandi loin de leurs parents partis défendre leurs idéaux politiques au Chili. Le regard de la réalisatrice, elle-même l’un des nombreux enfants du MIR accueillis dans cette structure communautaire unique pour l'époque, permet de confronter l'esprit utopique d’hier à la lucidité, le regret et parfois la désillusion de ces enfants devenus entre-temps adultes. C'est aussi l'occasion de réfléchir, à travers les nombreux témoignages recueillis et les précieux documents d'archives, au prix du sacrifice de la famille en opposition à la valeur de l'engagement politique et de la lutte pour la liberté. Jasmin Basic

 

Un Cuento de Amor, Locura y Muerte / A Tale of love, madness and death, Mijael Bustos, Chile 2015, 22'

L'intérieur d'une habitation qui est aussi celui d'une famille : c'est dans ces espaces que la caméra de Mijael Bustos se pose pour enregistrer et témoigner des nœuds intimes et des paradoxes auxquels ses proches sont confrontés. Vivant sous le même toit, sa grand-mère commence à souffrir de problèmes pulmonaires à cause de l'oncle, fumeur invétéré et atteint de schizophrénie. En raison de cette situation absurde mais contraignante, et afin de préserver sa santé, la femme doit partir vivre avec l’une de ses filles, laissant son mari s'occuper du fils. Une chronique du quotidien et des choses de la vie, racontée avec simplicité sous un regard bienveillant, montrant la normalité dans l'anomalie, comme manger en regardant la télé ou chanter Yellow Submarine sur un banc avec un inconnu. Les questions de l'amour envers ses proches et le choix des êtres à protéger sont au cœur du défi personnel et artistique entamé par le cinéaste. La démarche rappelle que, la famille, c’est aussi les liens que l'on se doit d'entretenir les uns avec les autres, en se reconnaissant les uns les autres. Jasmin Basic

 

El Salvavidas / The Lifeguard, Maite Alberdim Chile 2011, 64'

Une plage de sable au bord de l'océan. Les vacanciers commencent à affluer, le sauveteur prépare minutieusement son poste. Un petit air de Californie souffle sur les premiers images du film, mais détrompons-nous : c’est d’une populaire station balnéaire chilienne qu’il s’agit. Sous le soleil de l'été, on observe le quotidien de Mauricio, sauveteur aux longs dreadlocks, dont on devine rapidement le dévouement et l'engagement. Au fil d’une journée, on découvre ce personnage dont le travail semble être une véritable mission : Mauricio fait toujours preuve de professionnalisme mais, à la fois compréhensif et sérieux, aussi d'une rare capacité d’écoute. Sur la plage qu'il surveille, il devient une référence pour les petits et les grands, au risque parfois d'en faire trop et de pêcher par excès de zèle. À travers le remarquable travail de caméra et de la composition des plans, on plonge aussi dans les diverses réalités des protagonistes : la plage se transforme ainsi en un microcosme aux airs tragicomiques, un théâtre de la vie où la réalité frise le grotesque. Jasmin Basic

 

Tierra de Agua / Land of Water, Carlos Klein, Chile 2004, 80'

Infatigable voyageur de l'espace et du temps, Carlos Klein explore avec son premier long-métrage les confins de la Patagonie pour plonger le spectateur dans les abîmes de l'histoire d’hier, d'aujourd'hui et de demain. Dans cette région sauvage, le réalisateur observe minutieusement la nature, reine incontestable de ce bout de monde, sans commentaire, en plein accord avec elle. On prend le temps de saisir les éléments et d'écouter les bruits : au territoire visible s'ajoute le paysage sonore, comme incarnant l'essence de ce que l'on pourrait imaginer être l’une des origines du monde. L'envoûtante cacophonie sonore accueille aussi des fascinantes images d’archives en noir et blanc, tournées en 1943, traces d'un passé marqué par les conquêtes historiques et aussi par la confrontation entre l'homme et la puissance de la nature. À travers une recherche personnelle de l'image et du son, se dessine une œuvre qui devient aussi une intense expérience visuelle, sensorielle et spirituelle. Jasmin Basi

 

News, Bettina Perut, Iván Osnivikoff, Chile 2009, 81'

Noticias propose un collage d'images du monde et une observation pointue et parfois dérangeante de la société à travers des fragments de réalité qui questionnent la perception des spectateurs. Les réalisateurs Bettina Perut et Ivan Osnovikoff pourraient être qualifiés d’architectes de l'image : la composition de leurs plans traduit une précision savamment réfléchie. Mais la proximité de la caméra avec les êtres et les objets observés, voire scrutés, pourrait aussi faire penser au travail de chirurgien. C'est en tous cas à travers un regard unique et perçant qu'ils donnent à voir une mosaïque du monde auquel le spectateur n'est pas souvent confronté, des tableaux où le beau côtoie le laid, où la vie alterne avec la mort et les intérieurs exigus laissent la place aux vastes extérieurs. Les réalisateurs nous confrontent avec la nature, les animaux et l'homme de manière radicale en proposant un défi cinématographique unique et exigeant, loin des images habituelles diffusées par les médias. Jasmin Basic

 

Año Nuevo / News Year, Cristóbal Valenzuela, Chile 2010, 14'

Les rues de Santiago en pleine nuit, remplies par la foule, les sons de fête, les lumières qui clignotent. C'est le réveillon de la Saint-Sylvestre : hommes, femmes, enfants et vieillards se retrouvent en ville pour fêter ensemble le traditionnel passage d’une année à l’autre. Trois mois plus tôt, Cristóbal Valenzuela a recueilli de manière spontanée des témoignages d'hommes ordinaires et solitaires rencontrés la nuit dans la rue : ils se livrent à la caméra en toute sincérité et simplicité, en partageant leurs souvenirs faits de bonheur mais aussi de tristesse, alternant pessimisme et optimisme. Filmés en noir et blanc, les récits des personnes rencontrées se transforment en un tableau impressionniste parsemé de fragments de vie à la fois uniques et anodins, nous rappelant que la fin d'une période marque aussi le début d'un nouveau cycle. Les feux d'artifices qui éclatent dans le ciel nocturne semblent vouloir balayer le passé et diffuser l'espoir d'un nouveau départ. Jasmin Basic

 

Hija / Daughter, María Paz González, Chile-Perú 2011, 73'

Un road-movie familial où mère et fille partent ensemble à la recherche de l'une de leurs parties manquantes : la soeur pour la mère et le père biologique pour la fille. En cherchant à donner forme à un arbre généalogique incomplet et à verbaliser des non-dits désormais ancrés dans l'esprit, la réalisatrice et sa mère partagent des moments uniques, à l'enseigne d'une complicité cocasse, mais aussi d'une confrontation plus profonde et sérieuse. Les deux compagnonnes de route tentent ainsi de définir ensemble l'identité de chacune et comprendre d'où elles viennent. La traversée de plus de 2000 km dans la richesse des paysages du Sud au Nord du Chili et à bord d’une Coccinelle Volkswagen devient un voyage intime et initiatique qui permet aux protagonistes de se rapprocher mais aussi de combler les attentes imaginaires. Un peu comme dans l’une des séquences du film, il y a ici l'envie de se défaire d'un décor en trompe l'oeil qui a pendant trop longtemps fait partie de la vie des deux femmes. Jasmin Basic

 

Arcana, Cirstóbal Vicente, Chile 2006, 81'

La première image rappelle une carte postale en noir et blanc, semblable à celles que l'on trouve aux marchés aux puces.On y voit Valparaiso, deuxième ville du Chili et port de renom au bord de l'Océan Pacifique. L'image se resserre, l'oeil se rapproche, les éléments se révèlent. Un long bâtiment devient la figure centrale : un lieu laissé à l'abandon, gardant les traces d'une vie passée. Retour en arrière et entrée en matière : Cristóbal Vicente propose une incursion exceptionnelle dans la prison de Valparaiso pendant sa dernière année d'activité, après 150 ans d'existence. Il observe avec dignité et sans jugement le quotidien des protagonistes dans un microcosme coupé du monde mais rempli de vie, de gestes et de sons. On plonge dans le brouhaha des couloirs, de la promenade quotidienne dans la cour extérieure, des matchs de football, des discussions anodines entre compagnons de mésaventures, des visites des femmes et des enfants. On observe cet univers masculin, tel un tableau néoréaliste convoquant un regard rossellinien, appréhendé à travers la force bienveillante du geste cinématographique. Jasmin Basic

 

El Mocito / The Young Butler, Marcela Said, Jean de Certeau, Chile 2011, 70'

 "Je suis quelqu'un de bien": c'est par cette affirmation proche de la justification que Jorgelino Vergara se présente à la caméra. Adolescent, il a été un ‘moocito’, sorte de garçon à tout faire auprès des tortionnaires de la DINA, la police secrète de Pinochet, active pendant la dictature, entre 1974 et 1989. Pendant ces années, les militaires ont torturé et tué des milliers d'opposants au régime, laissant ensuite une bonne partie des responsables de ces crimes impunis ou protégés par le silence. Jorgelino obéissait aux ordres dans un des centres d'extermination et s'occupait des prisonniers. Son rôle de domestique s’est transformé, sans qu'il s’en rende véritablement compte, en celui de gardien, et il assista aux actions les plus atroces. Aujourd'hui il préfère le silence à la dénonciation. Il a choisi de vivre dans l'isolement et le nomadisme, coupé de la société et proche de la nature. Cependant, il accepte de se confier à la caméra et de revenir sur le lieu des crimes : on suit alors ce personnage troublant, forcé de questionner notre regard et notre jugement. Jasmin Basic

 

 


 

barisone luciano150x150Luciano Barisone: Un «salvavidas» peut devenir le symbole d’une vision et d’une mission

Interview à Luciano Barisone, directeur du Festival «Visions du réel» par Luis Vélez Serrano de PuntoLatino

 

— Monsieur Barisone, nous avons vu que le Chili sera l’invité d’honneur du Focus 2016 du Festival «Visions du réel» et nous nous réjouissons. Quels ont été les critères de ce choix?

— Depuis cinq ans, dans l’esprit d’une efficace collaboration avec la DDC (Direction du Développement et la Coopération organe du Département fédéral des affaires étrangères en charge de la coopération internationale), Visions du Réel organise un Focus, consacré à la production documentaire contemporaine d’un pays du Sud ou de l’Est du monde. Après la Colombie, la Bosnie, le Liban, la Tunisie et la Géorgie, le Chili est maintenant à l’affiche de notre Festival. Le Focus a un double objectif: d’un côté, avec la sélection d’une quinzaine de titres, il veut présenter une panoramique de la plus récente production documentaire du pays, de l’autre, avec le Focus Talk et le pitch de cinq projets, il veut favoriser les échanges de coproduction entre ce pays et les pays européens; et notamment avec la Suisse. Le Chili n’est pas seulement un pays immense en longitude, avec une incroyable variété de paysages. C’est aussi un pays en forte évolution socio-économique, avec une histoire marquée par des moments tragiques. Et surtout, de notre point de vue, c’est un pays qui montre une grande effervescence dans sa production documentaire: ce qui assure à notre sélection une belle variété de regards de cinéma.

 

— C’est une image tirée de «El salvavidas» de Maite Alberdi (Chile) qui a été retenue pour illustrer la 47e édition du Festival. Quelle est la signification de cette image? Quel sens voulez-vous transmettre au public?

— Le choix de cette image en tant qu’affiche de l’édition 2016 de Visions du Réel a plusieurs raisons. Tout d'abord elle représente le Focus. Depuis cinq ans nous avons toujours choisi une image d’une section du festival pour en représenter l’édition: les trois premières années c’était une image d’un film présenté dans le cadre d’un Atelier, consacré à un cinéaste; l’année passée c’était une image tirée de More de Barbet Schroeder, notre Prix Maitre du Réel 2015. Cette année, avec l’image tirée de El salvavidas de Maite Alberdi, on met en évidence le Focus. Mais il y a d’autres raisons. Nos choix sont toujours liées à l’idée de la «vision», tandis que le festival est là pour aller «au secours» des films, en favorisant leur présentation aux professionnel et au public. Voilà donc comment un «salvavidas» peut devenir le symbole d’une vision et d’une mission.

 

— Pouvez-vous nous dévoiler les principaux films latino-américains, espagnols et suisses de l’édition 2016 de «Visions du réel»?

— Notre attention à la production latino-américaine (hispanophone et lusophone) ainsi qu’à celle espagnole et suisse est constante. Aussi cette année une grande quantité de films en provenance de ces pays sera donc présente au Festival. Mais pour l’instant je ne peux rien dévoiler parce que nous sommes en plein milieu de notre procédé de sélection, qui s’achèvera la première semaine de février.

 


 

Le Chili sera l'invité d’honneur du Focus 2016 de Visions du Réel. Au programme: 15 documentaires contemporains et 5 projets de films à découvrir en avril prochain

Le Chili sera l’invité d’honneur du Focus 2016 de Visions du Réel. En collaboration avec la Direction du développement et de la coopération (DDC) de la Confédération et l’Association de promotion du cinéma ChileDoc, la section Focus Chili mettra en lumière le haut niveau de la production chilienne, son intérêt pour les thématiques environnementales, politiques et sociales.

15 documentaires contemporains seront présentés au grand public durant le Festival (15-23 avril 2016) et une journée Focus Talk, centrée sur la production particulière de ce pays aura lieu le 19 avril 2016. 5 projets de films en cours de développement seront alors présentés par les réalisateurs et producteurs chiliens invités. Au terme de cette journée spéciale, le projet le plus prometteur recevra le Prix visions sud est, doté d’un montant de CHF 10'000.

 

Le Chili: territoire de contrastes

"L'effervescence du Chili a donné lieu à une multiplicité de formes narratives et à un véritable foisonnement de cinéastes", souligne Luciano Barisone, Directeur du Festival. Pays de contrastes, le Chili s’étend entre les Andes et l'Océan Pacifique, sur une longitude de 4'270 kilomètres. L'histoire du pays fait écho à ses paysages tourmentés. Les exactions commises sous la dictature Pinochet et le génocide des Amérindiens sont régulièrement évoqués à travers le cinéma chilien. Depuis le retour de la démocratie au pouvoir, le documentaire est devenu l'instrument fondamental de réflexion du pays sur lui-même. Ainsi, le motif de la mémoire s’inscrit en arrière-fond des créations cinématographiques. De nouvelles sociétés de production naissent, des professionnels se forment dans des écoles au Chili comme à l’étranger. Depuis plusieurs années, des institutions publiques soutiennent la production cinématographique.

 

FILMS
Daughter de María Paz González, 73' (Chili/Pérou – María una vez, Blume, Panchito Films, Carapulkra)
The Lifeguard (El salvavidas) de Maite Alberdi, 64' (Chili – Errante Producciones)
The Chilean Building de Macarena Aguiló, 99' (Chili/France/Cuba/Hollande – Aplaplac Producciones, Les Films d'Ici, ICAIC)
The City of Photographers de Sebastián Moreno, 80' (Chili – Películas del pez)
White Death de Roberto Collío, 17' (Chili – Isabel Orellana Guarello, Araucaria Cine)
Land of Water de Carlos Klein, 80' (Chili – CKFilms)
Ultraman de Cristian Leighton, 75' (Chili – Surreal Películas de la realidad)
The Burn de René Ballesteros, 60' (France/Chili – LE FRESNOY-René Ballesteros)
Genoveva de Paola Castillo, 68' (Chili – Errante Producciones)
News de Bettina Perut, Iván Osnovikoff, 80' (Chili – Perut, Osnovikoff)
El mocito de Marcela Said, 70' (Chili – Icalma Films)
Calle Santa Fe de Carmen Castillo, 89' (Chili/France – Les Films d'Ici, Serge Lalou-Parox, Sergio Gandara - Les Films de la Passerelle, Christine Pireaux, INA – Love Stream)
Arcana de Cristóbal Vicente, 83' (Chili - Cristóbal Vicente)
A Tale of Love, Madness and Death de Mijael Bustos, 22' (Chili – Luminaria)
New Year de Cristóbal Valenzuela, 14' (Chili – MOLTAR)

 

PROJETS DE FILMS
Los Reyes de Bettina Perut, Iván Osnovikoff (Chili/Pérou – Osnovikoff, Maite Alberdi)
Petit Frère de Roberto Collío, Rodrigo Robledo (Chili – Araucaria Cine, Isabel Orellana Guarello)
Patagonian Poiesis de Carlos Klein (Chili – CKFilms)
La Causa de Macarena Aguiló (Chili – El Espino Films, Amalric de Pontcharra)
The Last Journey of a Nomad de Mijael Bustos (Chili – Palenque Producciones, Paula Talloni)

 

Images et synopsis de tous les films et projets sélectionnés ...

 

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