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Nostalgia de la luz (Patricio Guzmán, Chile 2010)



— Ginebra y Lausana desde el 15.06.11. Desde el 22.06.11 en Airolo. En agosto también en Neuchâtel y La Chaux-de-Fonds. — 

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En Chile, a tres mil metros de altitud, los astrónomos llegados de todo el mundo se reúnen en el desierto de Atacama para observar las estrellas, puesto que la transparencia del cielo es tal que permite observar hasta los confines del universo. Es también un lugar donde la sequedad del suelo conserva intactos los restos humanos: los de las momias, de los exploradores y los mineros. Pero también los huesos de los prisioneros políticos de la dictadura. Mientras los astrónomos escrutan las galaxias más lejanas en busca de una probable vida extraterrestre, al pie de los observadores, un grupo de mujeres remueven las piedras, en busca de sus parientes desaparecidos ...
[cine chile]

| trigon-film


Français
Au Chili, à 3000 mètres d’altitude, les astronomes du monde se rassemblent dans le désert d’Atacama pour observer les étoiles. Car la transparence du ciel est telle qu’elle permet de regarder jusqu’aux confins de l’univers. C’est aussi un lieu où la sécheresse du sol conserve intacts les restes humains: ceux des momies, des explorateurs et des mineurs. Mais aussi ceux des prisonniers de la dictature, que certaines femmes continuent de rechercher.

Le désert d’Atacama
Le désert est un immense espace hors du temps, fait de sel et de vents. Une parcelle de la planète Mars sur la planète Terre. Tout y est immobile. Pourtant, cette étendue est remplie de traces mystérieuses. Quelques villages vieux de deux mille ans sont toujours là. Les trains abandonnés dans les sables par les mineurs du 19e siècle n’ont pas bougé. Partout, il y a des ossements. Il y a aussi de gigantesques coupoles qui ressemblent à des vaisseaux spatiaux échoués et dans lesquelles vivent les astronomes. A la nuit tombée, la Voie Lactée est si lumineuse qu’elle projette des ombres sur le sol.

Le présent invisible
Pour un astronome, le seul temps réel est celui qui vient du passé. La lumière des étoiles met des centaines de milliers d’années à parvenir jusqu’à nous. C’est pourquoi les astronomes regardent toujours en arrière. Vers le passé. Il en est de même pour les historiens, les archéologues, les géologues, les paléontologues et les femmes qui cherchent leurs disparus. Tous ont un point commun: ils observent le passé pour mieux saisir le temps présent et futur. Face à l’incertitude de l’avenir, seul le passé peut nous éclairer.

La mémoire invisible
La mémoire assure nos vies, tout comme la chaleur de la lumière solaire. L’être humain ne serait rien sans mémoire –un objet sans palpitations – sans commencement et sans avenir. Après 18 ans de dictature, le Chili connaît de nouveau la démocratie. Mais à quel prix… Beaucoup ont perdu leurs amis, leurs parents, leur maison, leur école, leur université. Et d’autres ont perdu la mémoire, peut-être pour toujours. | Patricio Guzmán





Deutsch
In seinem dokumentarischen Essayfilm geht der Chilene Patricio Guzmán von einem zweifachen Blick in die Vergangenheit aus: Zum einen sind da die Astronomen, die in der Atacama-Wüste in den Himmel blicken und den Ur-sprung des Universums erkunden, zum anderen die Frauen, die im Wüstensand um die Observatorien herum nach sterblichen Überresten ihrer Liebsten suchen, die Opfer der Militärdiktatur geworden sind. Eine Reise ins Licht.

Der Mensch im Universum
Patricio Guzmán gehört zu den Schlüsselfiguren des lateinamerikanischen Kinos, und er tut dies, obwohl das Terrorregime Chiles den Filmemacher in den 1970er Jahren zum Gang ins Exil gezwungen hatte. Immer wieder hat er auf das Unrecht aufmerksam gemacht, das in seiner Heimat herrschte. La batalla de Chile, dieses viereinhalbstündige Monument, setzte ein «Denkt mal!» in die Filmgeschichte. «Ein Land ohne ein dokumentarisches Filmschaffen ist wie eine Familie ohne Fotoalbum», hat Guzmán gesagt. Und so hat er sein Leben dem Familienalbum gewidmet, einem Album, das weit über seine Heimat Chile betrachtenswert ist, weil vieles, das der Filmemacher uns vor Augen führt, auch anderswo ausgemacht werden kann. Und weil, wenn er Salvador Allendes Geschichte beschreibt, er auch die grösseren Zusammenhänge transparent macht.

In keinem anderen Film hat Patricio Guzmán ein grösseres Mass an Allgemeingültigkeit erreicht, als in Nostalgia de la luz. Hier löst er sich zunächst von der chilenischen Geschichte und erzählt uns von Menschen, die in der Atacama-Wüste im Norden seiner Heimat nach den Sternen gucken, weil diese hier am besten sichtbar sind. Und wer nachts in den Himmel schaut, der schaut in die Vergangenheit. Alles Licht, was uns da erreicht, ist Vergangenheit, hat einen oft Jahrtausende langen Weg zurückgelegt. Guzmán lädt uns ein zum Hineindenken ins Universum, und er stellt uns ein paar Frauen vor, die um die Teleoskope in der Wüste 20 Jahre lang im ebenfalls unendlich scheinenden Sand gegraben haben, auf der Suche nach der Vergangenheit, nach Überresten ihrer Liebsten, die die Diktatur umgebracht hat und verschwinden liess. Was für ein mickriges Geschöpf ist er doch, der Mensch im Universum, und wieviel Schmerz kann er verbreiten. Dieser Essay ist eine Einladung in andere Dimensionen. | Walter Ruggle


LE PARADOXE DE LA QUE?TE ET DU SILENCE

Comment faire parler les silences de l’histoire, ces drames que les e?tres humains ont choisis de taire, au risque de voir la trage?die se re?pe?ter? Dans son dernier film, Nostalgie de la lumie?re, le re?alisateur chilien Patricio Guzma?n invoque le devoir de me?moire et nous convie a? la recherche d’autres regards sur le passe? de son pays. Il signe un essai cine?matographique dont la plus grande force reste le te?moignage, ces mots de douleur et d’espoir qui permettent d’avancer.

On retient d’abord la voix-off, que l’on devine e?tre celle du re?alisateur. D’une lenteur a? la fois grave et rythme?e, elle nous raconte la se?re?nite? d’un temps re?volu, le drame d’un univers qui bascule dans l’obscurite? et la terreur. Car a? l’origine du dernier film de Patricio Guzma?n, Nostalgie de la lumie?re, comme de l’ensemble de son œuvre cine?matographique, gravitent les souvenirs d’un homme dont la vie a e?te? profonde?ment marque?e par le coup d’Etat de 1973 et la violence des anne?es noires qui ont suivi. L’emprisonnement, la re?pression et la terreur, l’exil; a? soixante-neuf ans, Guzma?n fait partie de ces Chiliens qui ont ve?cu la dictature du ge?ne?ral Pinochet. Et qui lui ont surve?cu.

Patiemment, le re?alisateur commence par filmer en plans morcele?s une machine impressionnante, un te?lescope dont les rouages minutieux invitent le spectateur, encore dubitatif, a? aller voir de plus pre?s, en lui-me?me et au dehors. De?s les premie?res se?quences, Guzma?n tisse ainsi un lien tre?s fort entre les objets et les e?tres, comme si le passage par l’inanime? lui permettait de mieux accrocher les souvenirs, d’appre?hender le passe? douloureux d’un pays qui semble condamne? a? taire des blessures inflige?es de l’inte?rieur, les blessures de ses propres entrailles. En se de?tournant tre?s vite de l’approche autobiographique et en de?fiant sans cesse les limites du genre documentaire, le re?alisateur chilien nous aspire lentement dans cette bre?che cre?e? par le traumatisme, pour chercher la lumie?re et remonter le temps. Et tre?s vite, le ge?nie ope?re. Une musique, cristalline et profonde, se fait entendre; le ciel, de?ja?, semble s’ouvrir.

SUR LES TRACES D’UN PASSE? MYSTE?RIEUX
En parlant et en faisant parler d’astronomie, une passion qu’il cultive depuis l’enfance, Guzma?n amorce une re?flexion sur le temps, cette trame insaisissable dont les e?tres humains cherchent depuis toujours les empreintes et le sens, les genoux a? terre et les yeux rive?s vers le ciel. Au nord du Chili, le de?sert d’Atacama est le the?a?tre de cette que?te des origines, une e?tendue des plus arides, et immense, ou? la pluie ne tombe que deux a? quatre fois par sie?cle. Dans le viseur de Patricio Guzma?n, cet endroit devient vite un personnage a? part entie?re, objet d’e?tudes, de fascination et de myste?re. Came?ra a? l’e?paule, le re?alisateur nous fait sentir le sol d’Atacama, – presque une autre plane?te –, qui porte ne?anmoins les traces de ces e?poques, et de ces vies, qu’il a fige?es. Ici, le sable se couche et fre?mit comme de la poussie?re d’e?toiles. Il n’y a plus de pre?sent. Sous nos yeux fascine?s, la nuit, unique, s’acce?le?re; le film devient poe?me.

Guzma?n donne e?galement la parole aux arche?ologues, dont les recherches font e?cho a? celles des astronomes. Gaspar, Lautaro: dans ce lieu e?trange, ces hommes de passion et de science disposent enfin d’un point d’acce?s au passe?. «Ici plus que nulle part ailleurs, je sens que le de?sert nous re?ve?le un secret», lance le re?alisateur chilien, qui multiplie les plans fixes comme pour impre?gner toute la beaute? et la gravite? des lieux dans la re?tine de son audience. Plus que des mots, ses paroles se donnent a? lire comme un contrat de lecture, une ve?ritable promesse.

A? LA RECHERCHE DU CORPS PERDU
Avec subtilite?, Guzma?n tisse une me?taphore patiente autour de cette que?te du temps passe?, qui s’impose comme multiple et fondamentale pour comprendre les e?tres humains que nous sommes aujourd’hui. Aux visages autochtones dessine?s dans la pierre succe?de ainsi le squelette d’un mineur, son sourire de?charne? par la peine et la main tendue vers ces dieux qui semblent l’avoir oublie?. Mais pre?s du cimetie?re d’Atacama, ce jardin noir ou? la mort gi?t a? ciel ouvert, d’autres anonymes attendent une se?pulture, les membres disse?mine?s dans le sable. Il s’agit des cadavres de de?porte?s politiques assassine?s durant la dictature de Pinochet dans les camps de concentration environnants. Une page sombre de l’histoire que beaucoup pre?fe?rent oublier.

Depuis plus de vingt-huit ans, des femmes fouillent le sol a? la recherche de ces corps perdus; la traverse?e du de?sert pour qu’enfin le chagrin se mate?rialise sous leurs doigts, a? l’endroit me?me ou? le temps s’est arre?te?. A force de retourner le sable, Viola a trouve? le pied de son fre?re: l’incipit de son deuil, un fragment de ve?rite?. Fatigue?es par des anne?es de mensonges, ces e?pouses et ces sœurs fixent la came?ra et re?clament leurs morts, cette partie d’elles-me?mes qu’on leur a arrache?e.

CE QUE LE TEMPS NE PEUT EFFACER
A Chacabuco, Luis partage avec fierte? les noms de ses anciens compagnons d’infortune. Victor Astudillo, Rene? Olivarez, Enrique Pastorelli, Federico Quilodran Chavez: des prisonniers toujours re?veurs pour qui la transparence du ciel est reste?e synonyme de survie, de liberte?. Dans un jeu de miroirs, Guzma?n donne la parole a? ces hommes aux cheveux gris, les vrais gardiens de la me?moire dans un pays victime d’amne?sie. Et cette jeune femme qui porte dans ses bras l’espoir d’un monde enfin «re?pare?».

Se?lectionne? au dernier festival de Cannes, Nostalgie de la lumie?re est un documentaire dont le spectateur ne peut sortir indemne, tant son re?alisateur parvient, par une e?coute empathique, a? transmettre la douleur me?me de la perte et du deuil entrave?. Dans un langage cine?matographique emprunt de poe?sie et d’humanisme, Guzma?n de?nonce ainsi le silence d’un Chili qui pre?fe?re compter les e?toiles que ses morts. Il rend un hommage bouleversant aux trop nombreuses victimes d’un dictateur dont certains chantent encore les louanges et que d’autres maudissent pour la terreur qu’il a seme?e dans le de?sert sans vie d’Atacama.
Audacieux dans ses choix de montage, mais toujours pertinent, Patricio Guzma?n nous attire inexorablement dans ce trou noir qu’induisent les oublis de l’histoire, la perte d’une part importante de notre humanite?. Dans un style a? la fois grave et e?the?re?, il nous transmet une fois encore la nostalgie et l’exigence de la lumie?re.
Ge?raldine Viret (Bulletin trigon-film n° 14)



NOTE D’INTENTION

LE DE?SERT D’ATACAMA. Le de?sert est un immense espace hors du temps, fait de sel et de vents. Une parcelle de la plane?te Mars sur la plane?te Terre. Tout y est immobile. Pourtant, cette e?tendue est remplie de traces myste?rieuses. Quelques villages vieux de deux mille ans sont toujours la?. Les trains abandonne?s dans les sables par les mineurs du 19e sie?cle n’ont pas bouge?. Il y a aussi de gigantesques coupoles qui ressemblent a? des vaisseaux spatiaux e?choue?s et dans lesquelles vivent les astronomes. Partout, il y a des ossements. A la nuit tombe?e, la Voie Lacte?e est si lumineuse qu’elle projette des ombres sur le sol.

LE PRE?SENT INVISIBLE. Pour un astronome, le seul temps re?el est celui qui vient du passe?. La lumie?re des e?toiles met des centaines de milliers d’anne?es a? parvenir jusqu’a? nous. C’est pourquoi les astronomes regardent toujours en arrie?re. Vers le passe?. Il en est de me?me pour les historiens, les arche?ologues, les ge?ologues, les pale?ontologues et les femmes qui cherchent leurs disparus. Tous ont un point commun: ils observent le passe? pour mieux saisir le temps pre?sent et futur. Face a? l’incertitude de l’avenir, seul le passe? peut nous e?clairer.

LA ME?MOIRE INVISIBLE. La me?moire assure nos vies, tout comme la chaleur de la lumie?re solaire. L’e?tre humain ne serait rien sans me?moire – un objet sans palpitations – sans commencement et sans avenir. Apre?s 18 ans de dictature, le Chili connai?t de nouveau la de?mocratie. Mais a? quel prix... Beaucoup ont perdu leurs amis, leurs parents, leur maison, leur e?cole, leur universite?. Et d’autres ont perdu la me?moire, peut-e?tre pour toujours.



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