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Montreux Jazz 2016 : De la beauté africaine au rêve brésilien

— par Julie Bauer, rédactrice de ©PuntoLatino

 

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Dobet Gnahoré, Lura, Asa et Angélique Kidjo © Lionel Flusin

 

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MJF ©Lionel Flusin

 

Alors qu’au pied du Stravinski, amassés devant la scène du Parc, les supporters de foot ont les yeux rivés sur la finale de l’Euro 2016, les spectateurs du Montreux Jazz, eux, choisissent d’honorer la musique, plutôt que le sport roi du Brésil.

Sous une chaleur tropicale, le public n’avait d’ailleurs aucune peine à se mettre dans l’ambiance de cette soirée dédiée à l’Afrique et au Brésil. Première à se présenter sur scène, Angélique Kidjo commence par donner de la voix, qu’elle a puissante et magnifique, avant d’enchaîner sur un «Pata pata» endiablé, accompagnée de ses consœurs artistes. La Béninoise est bien décidée à faire la fête, mais ne perd pas une occasion de faire passer des messages forts et de célébrer la Femme, à qui elle dédie ce concert. Ses interventions pleines d’humour font souvent mouche: «Nous ne sommes pas nées pour servir les hommes, les hommes peuvent aussi nous servir!». Elle exhorte aussi le public à continuer le combat de Miriam Makeba, la chanteuse et militante politique sud-africaine décédée en 2008. Enfin, elle n’oublie pas non plus de rendre hommage à Claude Nobs.
Virevoltante et d’une énergie débordante, se permettant même une descente dans la fosse, Angélique Kidjo présente ensuite au public du Stravinski des talents venus de divers horizons musicaux, non sans rappeler que l’Afrique est un continent peuplé de femmes fortes, qui rime avec diversité et beauté. Asa et sa voix puissante, Dobet Gnahoré, Lura ainsi que le groupe béninois Trio Terima, se chargent immédiatement de le prouver pour une véritable ode à la Femme et au talent.

 

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Martinho da Vila ©Lionel Flusin

 

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Ana Carolina, ©Marc Ducrest

 

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MJF ©Marc Ducrest


De l’Afrique, on se rend ensuite du côté du Brésil. A peine les premiers musiciens sur scène, la fièvre auriverde s’empare de la salle qui se met à danser et chanter passionnément, tout en acclamant ce défilé d’artistes emblématiques, issus de toutes les générations. Après un solo inspiré du bandonéoniste Hamilton de Holanda et de ses musiciens (percussion, trompette, saxophone, contrebasse, accordéon, violon, batterie), le spectacle alterne, pour chaque artiste, un solo, puis un morceau accompagné par l’ensemble du groupe. Au tour de Ivan Lins, puis de Martinho da Vila de reprendre le flambeau. Accueilli par les viva de la foule, le roi de la samba passe en revue ses plus grands succès, dont «Devagar, devagarinho» et «Canta, canta minha gente».
Juste le temps de reprendre son souffle avant l’arrivée de Vanessa da Mata qui aligne ses tubes que le public connaît par cœur. Son vêtement ample vole avec autant de facilité que les notes qu’elle chante, en entonnant «Amado». La séquence émotion de la soirée revient sans nul doute à João Bosco qui entame «O bêbado e a equilibrista» par une reprise à la mandoline de «Smile», en hommage à Charles Chaplin. Il sera bientôt rejoint par Ana Carolina pour chanter «Linha de passe» qui enchante le Stravinski.
Alors que dans la nuit montreusienne résonnent les premiers klaxons portugais, l’ambiance se fait plus feutrée à l’intérieur, en compagnie de Maria Rita et de son «Beijo Sem». Dernière à se produire, Elba Ramalho conclut de la meilleure des façons cette soirée en établissant un lien avec la première partie africaine, sur l’air de «Morena de Angola». Finalement, l’ensemble des artistes reviennent sur scène pour le bouquet final, «Chega de saudade».
La saudade (mélancolie) ne risque pas de durer longtemps pour les Brésilien, puisqu’il se murmure qu’en 2017, la première édition du Rio Montreux Jazz Festival devrait voir le jour. L’occasion de montrer, une fois de plus, l’affection particulière du festival cinquantenaire pour la musique brésilienne.  ||  Julie Bauer

 

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Vanessa da Mata et Hamilton de Holanda, MJF ©Marc Ducrest

 

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Hamilton de Holanda et João Bosco © Marc Ducrest

 


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